Rencontre inspirante avec Jonathan Léger Raymond, thérapeute ayurvédique

Bonjour à tou.te.s, 

Les rencontres inspirantes sont l’occasion de découvrir des pratiques et bien plus, une humaine/ un humain qui oeuvre chaque jour avec son coeur pour se connecter à son soi authentique mais aussi pour accompagner les autres sur ce chemin.

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer  Jonathan Léger Raymond !

Dans un premier temps, je te laisse te présenter …

Jonathan Léger Raymond (42 ans, Montréal), herboriste-accrédité, naturopathe et thérapeute ayurvédique, cofondateur du site ayurvedarevolution.ca et du centre Revolution Ayurveda en Inde.

Qu’est-ce qui t’a poussé vers l’ayurvéda ? 

Lorsque j’étais très malade, un médecin asiatique a cerné ma problématique en observant mon pouls puis m’a soigné rapidement avec des plantes et des substances minérales et ça a piqué ma curiosité… Aussi, étant d’inclinaison « révolutionnaire », animé d’un désir d’améliorer « les choses », j’ai trouvé en l’Ayurvéda un potentiel de changement collectif à travers un gain d’autonomie individuelle. 

Qu’est-ce que l’ayurvéda, en quelques mots ? 

C’est une synthèse des pratiques thérapeutiques ayant été perfectionnées dans l’espace géographique et culturel du sous-continent indien. C’est l’art et la science de la vie, une approche qui aborde la santé et le bien-être dans toutes ses dimensions. 

Quelles différences entre l’ayurvéda, la médecine chinoise et la naturopathie ?

Les différences entre l’ayurvéda et la médecine traditionnelle chinoise (MTC) ont trait aux éléments qui sont employés pour la « grille d’analyse » des phénomènes. En ayurvéda, on utilise les éléments Air, Eau, Feu, Terre et Espace tandis qu’en MTC c’est plutôt Air, Feu, Eau, Bois et Métal. Les plantes utilisées diffèrent passablement, suivant les différences entre la flore chinoise et indienne. Quant à la naturopathie, il s’agit d’une version moderne de la médecine traditionnelle occidentale qui s’incarne surtout dans l’herboristerie traditionnelle. On retrouve aussi en médecine naturelle occidentale des ébauches d’analyse énergétique, par exemple en phytothérapie, on qualifie parfois les plantes médicinales de « réchauffante » ou « rafraîchissante », « humidifiante » ou « asséchante », etc.). Ce « système d’analyse » qui fait la force des médecines traditionnelles asiatiques n’est pas aussi bien développé et universellement partagé entre les naturopathes en Occident. 

Est-ce que l’ayurvéda est pour tout le monde ? 

Oui, des fœtus aux vieillards, tout le monde peut bénéficier de l’ayurvéda autant pour se soigner que pour se guider à travers les choix du quotidien avec un minimum de connaissances de base du sujet. C’est aussi une approche intéressante pour préparer la venue d’un nouvel être.

Y’a-t-il un lien entre ayurvéda et spiritualité ? 

Oui bien sûr, mais l’ayurvéda n’aborde pas la spiritualité dans les détails. Le thérapeute ayurvédique se doit savoir discuter de sujets spirituels avec ses clients et clientes (ce qui n’est pas toujours le cas, surtout en Inde car plusieurs autres figures occupent le rôle spirituel en Inde outre le vaidya – médecin – ayurvédique). Je me suis particulièrement intéressé au lien entre les déséquilibres et maladie et l’évolution de la vie intérieure propre à chaque personne. La « théorie des avarodhas » que j’avance articule la nature des problématiques « subtiles », comme les traumas, avec les symptômes et phénomènes physiques. Il semblerait que les aspects subtils, subconscients, spirituels, bloquent parfois toute tentative de guérison physique, aussi j’insiste beaucoup sur l’évolution personnelle pour ouvrir la voie vers une guérison intégrale, spirituelle, mentale, émotionnelle et physique. Il semble que le spirituel et le psycho-émotif aient prééminence sur le physique, jusqu’à ce que la maladie s’installe et devienne une entité en soi.

Quelles sont les services que tu proposes ?

J’offre des consultations individuelles, bientôt un programme qui se déroule sur un an pour inciter les personnes qui viennent me voir à prendre le temps et à investir les ressources nécessaires pour transformer leur vie au mieux. Nous offrons aussi des formations en ligne, ici aussi un programme complet est offert (Ayurveda integral) pour rendre les gens autonomes dans leur pratique de l’ayurvéda, tant personnelle que professionnelle. Nos formations sont aussi disponibles « à la carte » sur des thèmes qui touchent la vie quotidienne : soins des infections courantes, désintoxication saisonnière, insomnie, digestion et ainsi de suite.

Peux-tu expliquer en quoi consistent les consultations thérapeutiques ? et à qui elles s’adressent ?

Une consultation sert à évaluer tous les paramètres du bien-être et de la santé : état d’esprit, émotions, état des signes vitaux comme la langue, les yeux et le pouls, alimentation, digestion, élimination, cycle menstruel, habitudes de vie et plus encore. On élabore aussi un portrait détaillé des symptômes et des déséquilibres. Ensuite, on élabore un plan d’action précis qui touche aux domaines pertinents : modifier les heures de sommeil, apprendre à mieux communiquer, changer certaines habitudes alimentaires, prendre des plantes médicinales et des suppléments, recevoir des soins thérapeutiques appropriés, etc. Chaque cas fait appel à des solutions qui lui sont propres. Les personnes qui souhaitent améliorer leur bien-être, soigner leurs maladies ou simplement prévenir tout déséquilibre et apprendre à se connaître sont toutes de bonnes candidates pour une consultation. Tout le monde bénéficierait d’au moins une consultation ayurvédique dans sa vie, pourvu que ce soit avec un(e) bon(ne) expert(e). 

Questions plus personnelles


Quelle serait ta définition de la spiritualité ? 

C’est la poursuite de valeurs et de principes qui sont au-delà de la réalité physique, qui transcendent les contingences et les limitations de la matière. C’est la connaissance du Soi qui est plus grand que notre individualité humaine, la connaissance de l’Âme qui s’incarne dans chacun de nous pour jouer la pièce de théâtre dans laquelle nous sommes les acteurs inconscients. Pour moi, la spiritualité c’est aussi apprendre à se connaître et poursuivre nos rêves en quelque sorte. S’élever au-delà de la souffrance, certes, mais aussi accueillir et apprécier le mystère de la vie. Sans oublier d’œuvrer à accomplir le « destin » de notre âme et de cette incarnation, c’est aussi parmi les mouvements les plus significatifs que nous puissions vivre ici. 

En quoi consiste ta pratique spirituelle personnelle ? 

Elle consiste surtout à tenter de découvrir ce qui peut être assimilé à des « vérités » puis à les communiquer, les faire connaître. Au moins, m’approcher le plus possible de la clarté et de tenter de partager mes découvertes avec mes pairs. J’œuvre surtout dans le domaine de l’alimentation, de l’ayurvéda, de la naturopathie, de l’herboristerie et de la santé en général, mais aussi dans les domaines de l’histoire ancienne, de la politique internationale et de la macro-économie. J’adore apprendre sur tous les grands mouvements qui animent et affectent l’humanité ancienne et moderne. 

Pour moi, une grande partie de ma spiritualité réside dans cette quête de vérité et de partage des informations car nous sommes incarnés ensemble sur Terre et nous avons des responsabilités envers les uns et les autres. Nous avons des apprentissages à faire dans ce voyage dans la matière. Je m’intéresse aussi aux dimensions subtiles, mais je demeure centré sur mon incarnation, car c’est l’expérience que mon âme a choisi de vivre et je donne de l’importance à ce vécu. 

Je cherche à utiliser ma volonté pour compenser l’inertie, l’ignorance et la paresse qui nous caractérise bien souvent comme êtres humains, ce qui nous entraîne dans la souffrance et la médiocrité. Je déteste par-dessus tout l’hypocrisie et les manipulations et j’ai le sentiment que c’est ce qui domine actuellement les sociétés humaines. C’est un peu comme le décrivent les hindous dans leurs descriptions du « kali yuga ». 

Je pense que cette insatisfaction qui m’habite, rajas, est moteur de changement positif pour nous faire passer de tamas, l’ignorance et la noirceur, à sattva, l’équilibre et la vérité.

J’ai aussi appris à prier, à demander de l’aide, à cultiver la foi. J’ai appris cela par les extrêmes difficultés que j’ai été appelé à vivre, pour avoir côtoyé des souffrances inouïes. Je brûle toujours un peu d’encens à un petit autel avant mes consultations. Je remercie parfois les entités positives qui m’accompagnent probablement à mon insu dans la pratique de mon métier. Parfois, je chantonne des mantras appris en Inde, dans le style Rig-védique, des tonalités un peu différentes que ça à quoi les gens sont généralement habitués d’entendre comme mantras.

Comment cultives-tu l’amour de toi ?

Je tâche de me faire respecter et de m’affirmer le plus souvent possible, j’apprends à mieux connaître et communiquer mes limites, j’essaie de partager mon point de vue même quand celui-ci n’est pas forcément plaisant à entendre. Je fais mon possible pour me reposer quand j’en ai besoin et pour alléger mon horaire, même si c’est tout un défi avec un enfant en bas âge et une entreprise en redémarrage, alors que je reprends tout mes enseignements depuis le début et que j’ai déménagé ma pratique dans les Laurentides, au nord de Montréal. J’essaie d’aller marcher à la montagne le plus souvent possible, de faire des étirements et de prendre soin de mon corps, de ma peau et de mes cheveux par exemple. 

Penses-tu avoir trouver le chemin de ton Dharma ? (le sens de ta vie)

Oui absolument ! Enfin dans les grandes lignes je connais mon rôle et ma destination approximative, en revanche ça se complexifie pour moi dans les détails, dans la réalisation concrète de mes projets. Donc oui, j’ai cette chance d’avoir une « mission » claire et motivante, un chemin clair, une discipline à suivre comme colonne vertébrale dans ma vie. Par contre, j’ai tout plein de défis en rapport avec la mise en place de tout ça dans la réalité. Il s’agit de prendre un rythme agréable, d’être patient et de persévérer, car mon chemin n’est pas facile, c’est comme une marche en montagne, très exigent et essoufflant mais vertigineusement merveilleux aussi parfois. J’ai du boulot prévu jusqu’à 70 ans, déjà ! On verra bien, le chemin est parfois tortueux…

Comment utilises-tu l’ayurvéda dans ta vie personnelle au quotidien ? sur toi, ta famille ? 

J’utilise l’ayurvéda à tout bout de champ : pour ajuster mes heures de réveils, reprendre des bonnes habitudes, pour me guider devant un buffet, choisir les ingrédients d’un repas ou compléter du « prêt à manger », pour prendre des décisions sur mes activités, pour soigner mon tout petit et entretenir sa santé à long terme, pour mes proches également. J’incorpore quelques éléments de la routine quotidienne comme l’eau froide dans le visage, le gratte-langue et l’huile dans le nez pour ne pas qu’il sèche au chauffage québécois l’hiver. Je prends tous les jours 7-8 plantes médicinales : shilajit, ginseng ontarien, scutellaire, bacopa, bhringaraj, pissenlit, teinture de pollen de pin, parfois scrophulaire et vitamine D pour couronner le tout.

Des projets futurs dont tu peux nous parler ?

Tellement de choses à réaliser dans mon domaine ! À court terme, printemps 2023, c’est le lancement du programme « Ayurvéda intégral » qui nous occupe. Nous avons aussi nos partenaires pour mettre sur pied une gamme d’huiles et de corps gras thérapeutiques ainsi que des mélanges d’épices et confitures médicinales, je l’espère avant la fin de l’année. Puis, il y a le développement des liens avec le centre en Inde et les retraites de panchakarma traditionnel qui va bon train aussi. Une thérapeute s’ajoute à notre équipe, Stéphanie Béland, qui se déplace dans les Laurentides, au Québec bien sûr, pour prodiguer les massages ayurvédiques, les abhyangas.

À plus long terme, il y aura davantage de formations, de programmes et de publications sur notre site, un livre encyclopédique à publier, un centre de retraites ayurvédique au Québec, un second centre de retraites en Inde, un village ayurvédique dans les montagnes du Sud. Nous allons développer les liens avec la médecine ayurvédique telle que pratiquée en Inde et la francophonie, faisant le pont entre les médecins ayurvédiques et les étudiant.e.s occidentaux. Nos partenaires vont distribuer nos gammes de produits signés Ayurvéda Révolution et fournir des produits authentiques et de haute qualité aux massothérapeutes et aux thérapeutes ayurvédiques.

Comme je disais, j’ai ai jusqu’à 70 ans pour réaliser et consolider tout ça, après je serai rendu à la semi-retraite, j’imagine… mais comme on dit « dans l’armée » : « toujours avoir un plan, ne jamais s’y fier ».


Merci Jonathan de m’avoir accordé ton temps et de nous avoir ouvert ton coeur !

Marie

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Publié par Marie Benard

Fondatrice d'AnaHata spécialisé dans l'accompagnement holistique individuel et collectif.

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